Bientôt les fêtes !
Une idée pour faire plaisir sans se tromper !
Vous connaissez mes liens avec les Editions de l’Armançon qui, en près de dix ans de collaboration, ont publié 6 de mes 7 ouvrages et fait connaître dans la région et au-delà.mon travail sur la Bourgogne
Cette petite entreprise bourguignonne est devenue en 25 ans d’activité la maison d’édition régionale de référence avec ses 250 titres édités dans tous les domaines (romans, essais, livres d’art, poésie,…) et tous les thèmes (régionalisme, histoire, arts, mémoire et coutumes,…)
Vous aimez notre région, vous aimez les livres et Noël approche ! Faites partager votre plaisir ! En consultant le catalogue des Editions de l’Armançon, vous trouverez à coup sûr votre bonheur et contribuerez à celui du bénéficiaire du livre que vous aurez choisi d’offrir. La plupart ne coûtent pas plus cher qu’un beau bouquet de fleurs et durent plus longtemps. Car « les fleurs, ça est périssable » comme chantait quelqu’un !
En outre, dans ce contexte économique pour le moins morose, soutenir par votre achat une entreprise qui s’est donné pour mission de promouvoir la Bourgogne est une action citoyenne, pour reprendre un terme à la mode.
Pour vous aider dans votre choix, visitez le site http:/www.editions-armancon.fr. Ou si vous préférez demandez avis à l’équipe de l’Armançon ou à moi-même. Nous vous conseillerons.
Lire reste le plus salutaire et agréable des passe-temps.
Lire les livres des Editions de l’Armançon allie l’excellence au plaisir.
Ignacio Catalan
Premiers jours d'automne, auxquels on ne croyait plus après tant de douceur insolite. L'hiver bientôt ? Loin de Paris, le Morvan s'y prépare sans doute. Ah ! les premiers frimas et rudes aubes morvandelles. Nostalgie ? Pour les amateurs, voilà une petite mise en bouche rafraîchissante...
Atriaux et boudins.
Adossée au petis bois de pins qui coiffe le coteau d'un chapeau de lutin, la ferme.
Elle s'anime à regrets, attendant qu'un soleil d'hiver vienne caresser de quelques traits frileux le toit d'ardoises bleues. Une lueur timide fait pâlir les lointains. La basse-cour s'éveille et résonnent les premiers frissons du matin.
Zéphirin quitte la chaleur de l'étable, affronte la cour figée de gel. Il a terminé la traite, sorti les bidons, préparé linges, chaudrons et cuvettes, houspillé Marie qui tarde à libérer tables et tréteaux et sommé le commis de curer l'écurie.
Malgré la promesse d'une belle journée filtrant sous la brume rétive et le soleil qui enfin défrise les derniers traits de givre, Zéphirin est sombre, irrité. Il astique une dernière fois couteaux, hachoir et feuille. D'une main fébrile, corrige encore et encore leur ordonnance futile.
Soudain le coq lance son défi matinal. Zéphirin sursaute et glousse, se précipite. Le signal à l'instant vient de sonner l'heure fatale.
Un cri inhumain retentit. De frayeur, d'agonie. Il rebondit aux angles de la ferme, fait frissonner Marie. Le grand silence s'installe alors que déjà, rouge et cascadant, gicle le sang noir et fumant.
Le rituel peut commencer sous ses airs de labeur dur et fécond.
Ce matin, à la ferme, Zéphirin tue le cochon.
Petits métiers bien tranquilles
Printemps 2011. Retour au pays après un accompagnement de Sluter aux portes de la Renaissance puisque me revoilà en Pays d'Arnay et en Morvan avec ces Petits métiers...
ah ! le retour aux sources, à la tradition du travail bien fait, à ces artisans au talent perpétué de génération en génération dans les années d'après-guerre. Dans nos villages aux portes de la modernité, ils étaient les valeurs sûres, les maîtres du savoir-faire, l'orgueil local. Avec quelques grains de sable parfois...
Et c'est le grain de sable dans ces mécaniques bien huilées auquel je m'intéresse aujourd'hui. Un outil rebelle, un commis qui dérape, un charcutier trop méticuleux... et le drame rôde sous le ciel carminé de la Bourgogne profonde. Du rouge qui coule ? Normal, direz-vous, en Bourgogne ! Sauf qu'ici ce serait plutôt le raisiné, façon Alphonse Boudard, qui aurait tendance à se répandre...
Curieux ?
1er rendez-vous : Salon du Livre de Paris, le 19 mars C 23 H1 Stand Labellery
Métiers morvandiaux
2011 ? Déjà bien entamé... ! 2010 fut une année... censurée ? occultée ? sous-marine ? Pas du tout. Après Sluter, sa pierre d'humaniste avant l'heure, ses ambitions et succès bourguignons, me serais-je donc endormi ? Aurais-je rangé mon stylo dans le vieux plumier de l'écolier nostalgique ? Point du tout. Beethoven et ses virtuoses, les Vierges noires et leur mystère, Kiki (autre mystère) ont tout à tour ou plus méthodiquement fatigué mes neurones. Qu'en est-il ressorti ? Rien pour l'instant ! Ou plutôt, allez comprendre, la redécouverte des vieux métiers morvandiaux - vous savez : charbonnier, sabotier, charcutier, pêcheur de carpes, ... - et j' y ai pris plaisir. Banal ! Encore du folklore ! Cela se pourrait mais mes vieux artisans un peu oubliés ne ressemblent pas tout à fait à leurs confrères plus ou moins disparus. Ils ne seraient même plus très fréquentables (encore du mystère ?) ou alors à bonne distance : celle du lecteur vis-à-vis des personnages de ses livres.
Cela y est , direz-vous, le Cata, il déménage ! Pas tant que ça peut-être ! La preuve ? Dans quelques semaines, demandez donc à votre libraire favori s'il a entendu parler des "Petits métiers bien tranquilles", dernier opus d'un certain conteur arnétois. Chiche ?
A bientôt !
L'expo We want Miles
Je fus trompettiste, avorté (sans doute aussi raté !) sans regrets à l'époque. Les regrets viennent toujours plus tard. Aujourd'hui. Ma brève pratique (5 ou 6 ans) me laissa une tendresse fidèle pour l'instrument et de l'admiration pour ses pratiquants. Respectueuse pour Maurice André, pour mon père, pour Jacques (il se reconnaîtra). Sans bornes pour quelques génies : Armstrong; Chet Becker et le plus grand peut-être (à tout le moins le plus universel) Miles Davis.
L'expo à la Cité de la Musique-Paris appuyée sur une scénographie élégante et intelligente ne le fait certes pas revivre - au sens premier - mais nous le restitue depuis ses débuts à Saint-Louis (Illinois) jusqu'aux concerts des années 90, notamment celui du Zénith-Paris, l'un des tous derniers avant sa mort.
Outre sa sonorité unique (pour un musicien, c'est un peu le style de l'écrivain), son inventivité permanente, ce qui fascine, c'est cette volonté d'aller toujours de l'avant, de ne jamais arrêter son évolution ni se retourner ou se satisfaire du chef-d'oeuvre délivré la veille. Be-bop, cool et rock-jazz, pop, électro, il assimile tous les rythmes et musiques nouveaux, y imprime sa marque. En restant toujours Miles !
Je le découvris seul face à l'écran, improvisant (1957) l'accompagnement de J. Moreau dans "Ascenseur pour l'échafaud" (Louis Malle) Emotion inégalée, sauf peut-être en écoutant pour la première fois, hasard superbe, ses Sketches of Spain... en attendant Kind of Blue !
Un belle expo donc qui nous rend l'homme, sa musique, les frissons ressentis naguère par la voix atténuée par la fameuse sourdine (Hamon) et l'escorte prodigieuse qui l'accompagna sur sa voie et qui fit le jazz : Jerry Mulligan, Charlie "Bird", D. Gillespie, Thél. Monk, John Coltrane, Bill Evans... Et un bel hommage.
Les trois vies de Sluter
Claus Sluter : Génie de la sculpture flamande à la cour de PHilippe le Hardi, premier duc Valois de Bourgogne !
Ce livre clôt mon parcours de la sculpture médiévale bourguignonne. Après Cîteaux (Le chant des pierres), la Bourgogne du XIIème siècle (Les chemins de pierre), je ne pouvais terminer cette "trilogie" autrement qu'avec ce personnage dont on ne sait presque rien avant son arrivée à Dijon vers 1385. Issu de la Flandre riche et remuante des villes drapières, comment a pu naître cette vocation artistique hors du commun dans ce décor laborieux et florissant (Bruges, Gand, Courtrai...) et s'épanouir à la cour la plus prestigieuse et... convoitée de cette fin de XIVème siècle. En pleine Guerre de Cent Ans et au milieu des révoltes flamandes particulièrement sanglantes et grâce au mécénat quasi sans précédent (mais exigeant) de Philippe le Hardi ?
Comment l'homme vit-il sa solitude de créateur, affronte-t-il les inévitables rivalités et parvient-il au sommet (maître d'oeuvre de la Chartreuse de Champmol, imagier du duc Philippe) ? Par quel cheminement intérieur parvient-il à introduire le réalisme dans la sculpteur et à approcher cet humanisme que revendiqueront bientôt d'autres génies, ceux de la Renaissance ?
Les sculpteurs du Chant... et des Chemins de pierre étaient des anonymes se partageant la tâche immense des constructions de la Foi, "Les trois vies..." sont le parcours d'un génie parfaitement identifié dont les chefs d'oeuvres nous stupéfient encore.
Vassily KANDINSKY
L'expo du musée Pompidou, en nous faisant suivre chronologiquement l'évolution du peintre et de sa pensée au travers de la plupart de ses grands chefs d'œuvres est une formidable leçon de peinture et de compréhension (ou plus modestement d'intuition) de la pensée d'un créateur.
Influence des Fauves, de Cézanne ("toutes les formes naturelles sont basées sur le cône, la sphère et le cylindre"), engagement avec le groupe Der blaue Reiter ? Kandinsky entreprend résolument de développer sa nouvelle théorie dès les années 1910. Pensée artistique originale qui veut, en revenant aux formes de base, exprimer sa "nécessité intérieure", sa volonté d'illustrer la musique, art non figuratif par excellence.
L'accrochage de Beaubourg fait merveilleusement suivre ces avancées qui s'achèvent sur la période française, dite géométrique puis aux formes plus souples, molles, "biomorphiques" mais poursuivant le questionnement sur "l'interdépendance des couleurs et des formes primaires".
On croit par moments voir naître Chagall (le folklore russe, les couleurs) Pau Klee (son "langage des signes et des formes illustrant des idées")
E si l'écrivain tentait lui aussi d'abandonner le figuratif (le style courant) en s'inspirant de la représentation musicale et cherchait à faire de son écriture une composition musicale, dictée par les règles et tonalités chromatiques, séquencée par des tempi aux scansions rythmiques et des sonorités colorées ?
Beau programme ! A votre avis ?
J'ai fait un rêve...
...de médiéviste comblé !
Je me trouvais dans un espace lumineux, entouré (à les toucher du doigt) des plus belles réalisations romanes et gothiques de France : celles pour lesquelles j'avais couru le pays de long en large, celles hors de ma route, celles à côté desquelles j'étais passé sans les voir par ignorance ou empêché par quelque contretemps.
Il y avait là pêle-mêle (pas tout à fait) les plus beaux portails et tympans : Autun, Moissac, Conques avec ses restes de couleurs, Saintes et son foisonnement d'images. Aussi, l'Ange au sourire de Reims, les rois de Juda, les Vierges sages et Vierges folles du musée de Cluny, ma copine l'Eve de Gislebertus, les plus étonnants chapiteaux. Et même Claus Sluter et son magistral Puits de Moïse, des pleurants du tombeau du Hardi. La crypte de Saint-Etienne d'Auxerre et ses peintures murales, d'autres fresques romanes. J'arrête l'énumération. En apothéose du songe, un rassemblement de neuf Vierges à l'enfant caractéristiques du mythe et de ses symboles au cours des siècles.
Devant cette profusion, j'allais finir par me réveiller et pleurer cette perte irréparable , penserez-vous ! Eh bien, non ! Inutile. Je ne dormais pas, j'étais à la Cité de l'architecture et du patrimoine, Paris, Place du Trocadéro, musée des moulures ouvert en 2007 (la plupart des moulures - à l'échelle 1 - ont été réalisées avant 1900 et comportrent donc des restes de polychromie ou des détails de sculpture disparus aujourd'hui sur les originaux !) Saisissant ! Allez-y ou... lisez (relisez) Les chemins de Pierre (Ed. de l'Armançon)
Expo temporaire : Vierges à l'enfant - du 17/12/08 au 04/05/09
Livre : Morvan, mémoire d'une montagne
Morvan, mémoire d'une montagne Ed. de l'Armançon Collection Morvan, libre espace.
Il y a des jours où la lecture de 3 lignes suffit à vous en lasser.Il y a des jours, petit miracle, où un ouvrage sans une once de prétention vous réconcilie avec l'espérance, celle qui permet de croire que le livre est chose éternelle.
Mémoire d'une montagne en moins de 80 pages vous plonge dans l'histoire du Morvan. pas celle de ses nourrices ou galvachers, non ! Celle qui, partie des profondeurs de l'ère primaire, va révéler son énigme au tertiaire. Je parle de l'histoire géologique du Morvan. Ne froncez pas le sourcil, c'est passionnant !
Pierre Rat, professeur honoraire de géologie conduit son enquête (policière précise l'éditeur - c'est en effet ce qu'on ressent) en grand érudit qu'il est. Mais de ces érudits qui ont le don incomparable de rendre un propos a priori ardu, limpide et parfaitement compréhensible. De ceux qui vous donnent, mine de rien, l'impression d'être intelligent.
Et moi qui croyais connaître le Morvan ! Des volcans ou des glaciers en Morvan, l'osmonde royale, fleur avant les fleurs, l'éponge morvandelle... ? Vous aimez le Morvan ? Lisez ce livre.
1) Editions de l'Armançon 21390 Précy sous Thil ou www.editions.armancon.com
2) dans les bonnes librairies du Centre-Est
3) sur les sites Internet dédiés aux livres (FNAC, Chapitre, Amazon....)



